|
MARCO BRATT, tatoueur,
Noordwijk, Hollande.
Site WEB
officiel
MARCO BRATT m'a
consacré quelques minutes de son temps pour répondre aux
questions que je voulais poser à cet artiste accompli, et il a
eu la gentillesse de donner à TATTOO-PASSION l'autorisation de
mettre quelques unes de ses réalisations en ligne... ENJOY !
d@ts - TATTOO
PASSION TEAM
Qui
es-tu, Marco Bratt ?
Je m'appelle Marco Bratt, je suis né en 1967 à Leiden, en
Hollande, et mon shop actuel se trouve dans cette ville qui
m'a vu grandir. Après ma famille, le tatouage est la chose la
plus important de ma vie et j'ai eu mon premier tattoo à l'âge
de 14 ans. Influencé par mes années punk et Rockabilly, je me
suis fais encrer de plus en plus de tattoos et j'ai fait mes
premiers pas dans le monde du tatouage, en parcourant les
conventions locales, et en allant ensuite faire le tour du
monde. J'ai commencé à passer mes journées à dessiner et à
traîner dans les tattooshops jusqu'à ce que j'ai finalement la
chance d'être pris sous l'aile de Ronald Bonkerk en 1992.
C'était ma première grande étape dans le milieu des pros, et
je suis très fier de l'avoir eu comme professeur. Après cet
apprentissage, j'ai ouvert mon premier shop à Den Haag pendant
6 ans, avant de décider de faire un break pour partir sur les
routes. Une fois de retour, j'ai ouvert mon shop actuel "Marco
Bratt Tattoo" à Noordwijk.
Tu
as fait le tour du monde du tatouage, est-ce que tu peux nous
en dire plus sur ces voyages ?
J'ai effectivement parcouru la quasi-totalité du globe, et je
veux encore en voir plus ! Je suis allé partout où je voulais
aller, et pour le tatouage comme pour mon ouverture
personnelle, c'était la meilleure expérience de ma vie. Mes
voyages ont toujours été axés sur le tatouage, et même quand
je pars me relaxer à l'autre bout du monde, je finis toujours
par atterrir dans un shop ! J'adore rencontrer des artistes
dispersés sur la surface du globe, pour voir leur façon de
bosser et pour échanger leurs expériences... J'ai beaucoup
appris lors de mes
périples,
et je ne veux pas l'oublier ! J'ai notamment beaucoup étudié
de tatouage traditionnel, les motifs traditionnels, le sens
des cultures et des tatouages ancestraux. Je suis allé en
Thaïlande, en Inde, en Indonésie, à Tahiti, sur les Îles
Samoa, en Nouvelle-Zélande, à Hawaii, en Australie, à Bornéo,
etc... Des voyages qui m'ont permis d'apprendre des tas de
choses sur les différentes cultures du tattoo.
Laquelle
de tes destinations t'as le plus marqué ?
Le Japon est sans aucun doute le plus important l'école qui
m'a le plus marqué : j'adore le tattoo japonais, et je tatoue
d'ailleurs principalement des motifs issus de cette culture.
Après mon premier voyage au Japon, j'ai acquis la certitude
que c'était ce qui me convenait le mieux, et j'ai voulu tout
apprendre sur le style japonais et sa culture : j'en apprends
d'ailleurs encore tous les jours ! Je vais au Japon le plus
souvent possible, et j'en reviens chaque fois avec des tonnes
d'idées et de nouvelles sensations : le Japon, c'est un peu
comme un livre sans fin, pour moi...
Est-ce
que tu pourrais nous en dire plus sur la culture maori ?
Quand je suis allé en Nouvelle-Zélande, j'ai eu la chance de
travailler avec deux artistes maori, Graham Cavanagh et Tommy
Downs, et ils m'ont presque tout appris sur le tatouage maori
et moko. Ils m'ont montré comment tatouer Koru et Puhuru, les
célèbres spirales de leur culture, en m'en précisant le sens
symbolique. Tous ces motifs ont des significations très
précises, notamment liées à la famille, et ils racontent
beaucoup de choses sur l'histoire de ceux qui les portent. Les
motifs maori et moko ont des significations tellement
puissantes qu'ils ne peuvent être réalisés que par des
artistes de là-bas. En Europe, on se contente de reproduire
ces dessins à titre purement décoratifs, mais je ne ferais
jamais de moko (tatouage du visage) sur un de mes clients,
parce que seul un artiste maori a le droit de les faire. Il y
a un tel poids de la tradition derrière ces ornements que je
veux en respecter la valeur.
Aujourd'hui,
des shops de tatouage s'ouvrent à tous les coins de rues...
Quels sont tes impressions sur le sujet ?
Tout d'abord, les jeunes artistes qui se lancent doivent être
des gens sérieux, et ne pas d'auto-proclamer tatoueurs parce
qu'est un métier "cool" ! J'ai vu beaucoup de jeunes gars
débuter et se prendre pour les meilleurs artistes du monde
après une année de boulot... Ils connaissent rien et ils se la
pètent, et ils perdent immédiatement le respect des vieux
loups du tattoo : ce sont des gens que je respecte pas ! On ne
doit oublier que l'on a un jour été débutant ! Pour ma part,
j'ai toujours à l'esprit combien cela a été difficile et
combien j'ai dû me battre pour gagner le respect des tatoueurs
plus expérimentés que moi : mais cela forge le caractère... Il
y a beaucoup de tatoueurs de partout qui pensent que le
tatouage, c'est comme vendre des fringues, et ces personnes-là
font grimper le nombre de shops 100% business... Chaque petit
village a maintenant son studio de tatouage, et aujourd'hui,
n'importe kel abruti peut s'acheter un kit tattoo et ouvrir
une boutique en s'auto-proclamant artiste ! Heureusement,
il y a aussi quelques jeunes tatoueurs talentueux qui ont
compris le truc et qui avancent étape par étape. Pour devenir
tatoueur, vous ne devez consacrer vos journées à dessiner, en
mettant toute votre personnalité dans votre travail, et
surtout faire preuve de patience...
Qu'est
ce que tu penses des gens qui viennent dans un shop pour avoir
le même tattoo que leur rock-star préférée ?
Je
ne juge jamais les gens en fonction du type de tatouage qu'ils
choisissent : tout le monde a ses propres motivations pour
choisir tel ou tel motif. Bon, c'est vrai que parfois, il y a
des gens qui ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent se faire
tatouer et qui optent pour le premier dessin qui leur passe
sous la main : quand je rencontre ce genre de personnes,
j'essaye de les aider en testant leurs profondes motivations.
Je n'ai pas non plus de scrupules à refuser de tatouer
quelqu'un qui n'est pas sûr de son choix : je le renvoie chez
lui en lui conseillant de bien réfléchir à ce qu'il veut
faire. En fait, peut importe le type de motifs que le client
veut se faire encrer : il doit juste être en accord avec son
futur tattoo, et les tatoueurs doivent respecter ce choix-là,
que le motif nous plaise ou pas.

Tu viens
tout juste d'organiser la convention tattoo de Arnhem, en
Hollande... Tes impressions ?
Après des années passées à bosser sur les conventions, j'ai
pensé que l'on pouvait organiser ce genre de rencontres
différemment, et organiser celle d'Arnhem était une bonne
expérience pour moi. Je voulais une ambiance spirituelle,
calme, basée à 100% sur le tatouage et ça a plutôt bien marché
! Les tatoueurs et le public ont visiblement adoré, et je peux
d'ores et déjà te dire qu'il y aura une nouvelle convention à
Arnhem l'année prochaine !
Dernière
question : que penses-tu de TATTOO-PASSION ?
C'est la première fois que je parcours ton site WEB, et je
trouve qu'il est cool, sauf que je comprends pas le français !
Une traduction en anglais serait à mon avis la bienvenue ;-)
|






|